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dimanche 7 janvier 2024

Comment on dit en français ?

Voilà quelque chose que je n’aime pas : devoir emprunter un mot à l’anglais quand je m’exprime en français. Mais force est de constater que nous n’avons pas toujours le choix…

Bien sûr, je ne parle pas des mots qui sont entrés dans la langue française, mais bel et bien des mots qui rappellent davantage de la communication de startup qu’une communication entre deux êtres humains qui partagent.

Mais aujourd’hui, j’ai voulu trouver l’équivalent français de AuDHD, qui signifie TSA/TDAH. Et donc qui correspond à une personne qui est atteinte de ces deux troubles du neurodéveloppement.

Je n’ai rien trouvé de réellement ancré qui puisse être utilisé et reconnu. Et je ne trouve pas AuDHD adapté en français.

Et toi, tu as une idée ?

mardi 26 décembre 2023

Notes en vrac #4

Régulièrement, j'essaie de poster ici quelques notes en vrac. Voici la quatrième édition.

Sécurité

  • Le service d'hébergement WordPress Kinsta visé par des annonces d’hameçonnage via des annonces Google qui renvoient vers des sites destinés à voler les identifiants (en anglais), à lire sur BleepingComputer
  • Les données de clients MongoDB ont été exposées suite à une attaque (en anglais), à lire sur BleepingComputer

Outils libres

  • La version 0.22.0 de Vikunja API et frontend est disponible.

Professionnel

  • La version 18.0.4 de Dolibarr est disponible.
  • J'ai travaillé ces derniers temps sur une nouvelle offre au sein de l'entreprise. Celle-ci a été officiellement lancée. Satisfaction personnelle.

Personnel

  • J'ai level-up.
  • J'ai toujours beaucoup de mal à me lancer dans certaines tâches. Ma voiture a toujours des soucis, j'ai tout ce qu'il faut pour me lancer dans une tentative de réparation, mais je n'y arrive pas.
  • Avec Julien, on a monté un groupe pour discuter TND (Troubles du neurodéveloppement) sur Slack. L'outil ne fait pas l'unanimité, et certaines personnes ne viennent pas à cause de ça. Mais on arrive à une petite cinquantaine de personnes. C'est chouette.

mercredi 20 décembre 2023

Des enfants fantastiques

J'ai récemment pris de l'âge.

Pour l'occasion, les enfants m'ont fait un cadeau qu'elles ont choisi elles-mêmes. C'était donc un cadeau personnalisé et choisi selon leurs goûts et leurs envies.

Mon aînée m'a donc offert une BD de Titeuf, le numéro 18. La seconde quant à elle m'a offert un lot de Stabilo NEON.
On pourrait penser que c'est étrange, peut-être. Mais c'est juste tellement elles, que ce sont en fait deux superbes cadeaux.

J'ai des enfants fantastiques.

lundi 18 décembre 2023

Notes en vrac #3

Régulièrement, j'essaie de poster ici quelques notes en vrac. Voici la troisième édition.

Santé mentale et TND

  • Découverte d'un régulateur cérébral impliqué dans certains troubles psychiques : https://informations.handicap.fr
  • Vers un repérage systématique dans le carnet de santé d'ici fin 2024, poussé par Étienne Pot (Délégué interministériel à la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement) : https://informations.handicap.fr

Contributions

  • Xala a continué à enrichir le wiki clamifa ! Beaucoup de nouveautés. Il va aussi falloir que je m'y remette.

Ma vie

  • Le week-end a été chargé, notamment avec l'anniversaire de la grande avec les copains/copines. Le Noël du village dans la foulée, et le Noël du boulot de Madame le lendemain. J'ai survécu sans trop savoir comment, mais j'ai survécu, c'est là l'essentiel.
  • J'ai pu avancer sur pas mal de sujets qui me rongeaient. Ça va mieux. Jusqu'à la prochaine fois.

Voilà, ce sera tout pour cette semaine. Je vais désormais essayer de publier plus régulièrement.

dimanche 17 décembre 2023

Pourtant quand on te voit...

Pour faire suite au billet On est tous un peu TDAH, je voulais vous partager cet écrit de Julien. Julien est un TDAH de plus qui vient compléter les rangs des diagnostics tardifs. Je suis certain que celui-ci parlera à beaucoup de personnes.

"pourtant quand on te voit..."

Quand tu me vois,
tu ne sais pas ce que je ressens,
quel effort je suis en train d'accomplir (ou pas),
ce que je vis quand tu ne me vois pas,
tout ce que je dissimule régulièrement et mon niveau de maîtrise, acquise avec le temps, dans l'art de porter des masques,
tout ce qu'endure ma famille, sur tellement d'aspects, et dont je porte, impuissant, une culpabilité...

Tu ne sais pas non plus que certains jours, qui te semblent oisifs car je reste chez moi ou au bureau sans avancer, à lire des ci et poster des ça, sont souvent des moments passés à attendre que les douleurs se calment, que ma tête soit opérationnelle, mon esprit disponible, que mon corps se débloque...

Tu n'imagines pas à quel point le TEMPS est un adversaire omniprésent pour moi : le temps passé en soins / rdv médicaux ou paramédicaux, et pas seulement.

Tu sais, ce temps pour lequel TU M'EXPLIQUES AVEC EMPATHIE que quand "on n'a pas le temps", c'est qu'on ne le prend pas... parce que Lao Tseu l'aurait écrit. Qu'il suffit de le décider pour faire ci ou ça (surtout quand c'est pour accomplir ce qui te convient, à toi, ou entre dans ta grille de lecture, ta lucarne évidente).

mercredi 13 décembre 2023

Notes en vrac #2

Régulièrement, j'essaie de poster ici quelques notes en vrac. Voici la deuxième édition. Rapide et datée pour certains liens. Je m'appliquerai mieux la prochaine fois.

Santé mentale et TND

  • Découverte du rôle d'un régulateur cérébral impliqué dans les maladies psychiatriques, par le CNRS et handicap.fr

Tech

  • Canonical a sorti Dqlite, un outil permettant de faire de la haute-disponibilité avec SQLite. Je suis perplexe.
  • GitHub supporte enfin le multi-compte.

Sécurité

Liens en vrac

  • Où trouver des ressources légales pour de bonnes lectures numériques (payantes et gratuites) : Outrelivres

jeudi 7 décembre 2023

Je suis un homme

Je pense que dans la vie de tout homme ou de toute femme, il y a un événement qui fait passer de garçon ou de fille à homme ou femme. Cet événement qui fait qu'on devient quelqu'un d'autre et que notre vie prend une autre dimension.

Pour ma part, c'était il y a six ans.

Il y a six ans jour pour jour donc, je suis devenu un homme.

D'un coup d'un seul, toutes les responsabilités, l'avenir, ses obligations, ses joies, ses peines, ses difficultés et tout ce qui va avec m'ont sauté aux yeux, et j'ai pris la plus grosse claque qu'il m'ait été donné de prendre.

Il y a six ans jour pour jour, je réalisais l'ampleur de la tâche qui m'attendait quand j'ai vu ce petit être devant moi, quand j'ai réalisé qu'il était de ma responsabilité (bien que je ne sois pas seul) de faire grandir cette petite personne qui allait un jour m'appeler papa.

Il y a six ans jour pour jour, ma première fille est née, et ma vie a changé à jamais.

vendredi 1 décembre 2023

On est tous un peu TDAH

Hier soir, sur les réseaux sociaux, j'ai parlé de la taxe TDAH. Si vous ne savez pas ce que c'est, il s'agit des coûts supplémentaires du quotidien causés par le TDAH.
Ce n'est pas un secret, je suis atteint de (parce que c'est comme ça qu'il faut le dire pour faire joli) TDAH, TSA, alexithymie, troubles anxieux, problèmes de proprioception et autres.

C'est un sujet dont je parle et rigole facilement. Peut-être parce que je fais partie des personnes qui subissent le moins ces troubles dans le quotidien. Ou peut-être tout simplement parce que c'est bien aussi d'en rire. Mais il est également important de sensibiliser sur le sujet. Pourquoi ? Parce que c'est totalement méconnu.

Comme je le disais, je ne suis pas à plaindre. Mais hier j'ai parlé de taxe TDAH sur le réseau social BlueSky.
Qu'est-ce que la taxe TDAH ? Ce sont toutes les dépenses qui pourraient être facilement évitées sans ce trouble. L'exemple que j'ai pris était le suivant : en septembre, nous avons campé dans le jardin avec les enfants. La tente était mouillée, je l'ai pas rangée de suite. Puis le chat a fait dessus, je devais la laver, il a plu, j'ai pas réussi à m'y mettre, bref... Elle traîne encore sur ma terrasse. Depuis début septembre.
Mais hier, j'ai vu qu'à force de passer sur la toile, les chiens l'ont déchirée. La tente est foutue, je dois la remplacer. J'aurais pu l'éviter si je m'y étais mis plus tôt. Je n'ai pas réussi, c'est ainsi.

J'ai eu plusieurs réactions de ce type : Mais on la paie tous cette taxe. On est tous un peu comme ça. On est tous un peu TDAH, etc. Alors oui, mais non. Même si je sais que certaines personnes le disaient en étant sensibilisées au sujet.

On a tous des phases où ça va bien moins que d'autres, où on est davantage fatigués, et où on a juste envie de couper. Et c'est normal. Mais quand on n'a aucun contrôle, que c'est tout le temps et qu'on a aucun moyen d'y échapper, ou alors à un coût que beaucoup de personnes n'imaginent pas, c'est autre chose. C'est pas juste "être un peu comme ça". C'est un handicap, qu'on subit plus ou moins. Mais un handicap invisible. On passe notre temps à compenser, à masquer, et ça fatigue. Vraiment. Alors quand on a la chance de bien naître, ou du moins bien moins mal que d'autres, on s'en sort bien et c'est mon cas. Tant qu'il y a un équilibre. Mais le jour où cet équilibre est rompu, c'est catastrophique. Et c'est là que tout ressort.

J'ai ensuite réagi à ces réponses dans un autre post où je disais que j'avais à la fois envie de discuter, de devenir agressif, et que je comprenais en même temps ces réactions. Malheureusement, certaines personnes ont rebondi dessus et ont reproché de façon assez virulente aux personnes leurs propos. Mais ce n'est pas ce que je voulais. Parce que ce que je voulais dire, c'est qu'en France on a 30 ans de retard par rapport aux autres pays sur ces sujet, et c'est très vite très compliqué.

Mais je vois difficilement comment on peut en vouloir à une personne lambda quand même les professionnels concernés ne sont ni formés ni au courant. Il n'y a qu'à voir la galère à laquelle font face les neuro-atypiques qui s'ignorent, ou qui cherchent de l'aide. Parce qu'on peut bien sûr être neuro-atypique et très bien le vivre.
Trouver des professionnels de la santé mentale qui nous prennent au sérieux, qui ne nous renvoient pas dans les cordes, c'est un parcours du combattant. Vraiment.
Pour ma part, j'ignorais complètement ce qu'il se passait. Je ne connaissais même pas le terme TDAH, et j'aurais encore moins pensé souffrir de Trouble du Spectre Autistique ou des autres de la liste donnée plus haut. J'ai eu une vie plutôt facile. Jusqu'à ce que ça explose.
5 ans. C'est le temps qu'il m'a fallu pour trouver un professionnel qui a mis le doigt sur le truc.
5 ans. C'est le temps que j'ai passé sans trouver de psychologues capables de me dire autre chose que : Arrêtez de vous victimiser et ça ira mieux.
5 ans. C'est le temps que j'ai passé à luter contre mon obsession pour les platanes contre lesquels j'avais envie de me jeter.
5 ans. C'est le temps que j'ai passé à, chaque nuit, réfléchir à la vitesse idéale de me jeter contre un poid-lourd à moto sans casque.
5 ans. C'est le temps que j'ai passé à imaginer toutes les façons possibles d'en finir.
5 ans. C'est le temps que j'ai passé à luter pour ne pas abandonner ma famille.

Alors effectivement, les propos que j'ai pu lire en réponse à ma publication n'étaient pas les plus adaptés et c'est pour cette raison qu'il est nécessaire de continuer à discuter, à nous écouter (les uns les autres), à éduquer, mais surtout à nous respecter. Il n'est pas nécessaire de s'invectiver. Ça n'apporte rien.

Dites-vous bien que ça reste un handicap dont je ne me plains pas. Mais ce type de petites phrases peuvent être difficiles à entendre. Iriez-vous dire à une personne à qui il manque une jambe que "Ouais, mais on boîte tous un peu, parfois." ?

vendredi 10 novembre 2023

Un peu de douceur

Être parent, ne nous mentons pas, n'est pas la chose la plus simple du monde.
L'éducation, l'accompagnement, le soutien, l'inquiétude, la fatigue, et j'en passe... C'est quand même un métier bien difficile !

Mais n'allez pas croire qu'il n'y a là que du mauvais. Il existe aussi de très bons moments qui ont le don d'effacer tout le reste.

Hier soir, par exemple, mon aînée a voulu un câlin pendant que je lui chantais la rituelle chanson du soir. Elle n'a ensuite pas voulu lâcher mon bras.
Sa cadette, quant à elle, m'a fait un énorme câlin et un énorme bisou, même si la soirée avait été un peu difficile.
Et pour couronner le tout, c'est la dernière qui m'a révéillé ce matin pour un biberon. Moment de partage. Puis vient le temps de la rendormir, moment câlin et tendre. J'ai posé ma main sur son visage, elle m'a attrapé le doigt de sa petite main, et s'est endormie comme ça. Et moi aussi.

C'est (entre autres) pour ces moments de douceur que, même si c'est souvent très difficile, je ne reviendrai en arrière pour rien au monde.

lundi 28 août 2023

Notes en vrac #1

Voilà plusieurs semaines que je prends des notes dans le but de sortir ce billet. Voilà une belle occasion de se lancer, et d'essayer ensuite de s'y tenir.


Personnel

  • Voilà maintenant deux mois que bébé tout neuf a agrandi notre famille. Ça reste des moments difficiles à passer, notamment au niveau du sommeil et de notre disponibilité. Mais notre famille est maintenant complète et magnifique.
  • J'ai pris un peu de recul au niveau associatif. Moins d'engagement. J'avais besoin de me libérer du temps, de faire des choses qui me paraissaient plus abordables, dans lesquelles je pourrais m'engager sans problème. Ce n'est pas encore parfait, mais je me suis sorti des promesses que je ne pouvais pas tenir.
  • J'essaie de m'améliorer au niveau familial en retrouvant peu à peu de la sérénité. Ça semble fonctionner.

Professionnel

  • La v18 de Dolibarr est sortie. Je vois quelques uns de mes développements être intégrés et présents dans le changelog. C'est peu, mais c'est toujours plaisant.
  • J'ai enfin trouvé mon équilibre, et me sens moins sous pression (que je me mettais seul). Retrouver une certaine sérénité ici aussi. Ce n'est pas déplaisant.
  • Je me suis aussi débarrassé de cette prestation qui traînait depuis beaucoup trop longtemps avec mon activité d'auto-entrepreneur.
  • Je me dégage un peu de temps pour faire des tests concernant l'infrastructure et découvre de nouveaux outils.

Réseaux sociaux

  • J'ai posé mes valises sur Bluesky depuis 16 jours maintenant. Je m'y plais, je retrouve autre chose. Il suffit d'attendre que le réseau s'étoffe un peu. Mais le concept de feeds ne me déplaît pas. C'est original et ça change un peu pour découvrir du contenu.
  • Les tempêtes de m**de continuent sur Mastodon, toujours pour les mêmes raisons : l'idéologie prend le dessus sur les aspects légaux. Le dialogue reste relativement bloqué, et on voit encore des guerres de chefaillons qui pensent détenir une vérité absolue et se permettent de bloquer à vue ce qui ne leur plaît pas, privant leurs utilisatrices et utilisateurs d'une partie de la fédération. Mais ces gros acteurs restent importants et centralisent du fait de leur visibilité.

Des liens en vrac

Tech

Climat et météo

Divers

Neuro/Santé mentale

lundi 1 août 2022

Un fargeat du sud

Chaque année, un bulletin du village est publié et laisse place à la plume de qui veut s’exprimer. Souvent, ce sont les membres des associations, le maire et quelques mêmes personnes qui l’alimentent en parlant de ce que la commune a vécu au cours de l’année. Mais le COVID a mis un frein à la vie du village, et les sujets ont été plus variés, plus libres. C’est ainsi que je me suis retrouvé à devoir composer ceci.

N’ayant pas de sujet réellement choisi
Tandis qu’à un brasseur nous faisions bel honneur,
Sébastien entre deux gorgées m’a alors dit :
« Cette fois-ci je te fais une belle fleur,
Sur une page entière je te donne la main,
Parle-nous, Benjamin, du sujet de ton choix. »

Ade, tel un poulpe aimant voir souffrir sa proie,
Me mit au défi d’écrire en alexandrins.
« Rimes continues, plates, croisées ou mêlées,
Chacun de tes vers devra faire douze pieds. »

Et si vous ne comptez pas toujours douze pieds,
Pensez à la façon dont ils sont prononcés.
Pour moi qui prononce chacune des lettres,
Dites-vous qu’un « e » a toujours raison d’être.

C’est alors que j’ai dû commencer à creuser
Pour dénicher quelque chose à vous raconter.
Pourquoi pas l’histoire d’un p’tit gars du sud-ouest
Arrivé par un bel après-midi de juin
Dans ce qui pour lui, simple jeune Lauzertin
Paraissait étranger, lointain : le grand Nord-Est.

Fraîchement arrivé en ville de Mâcon,
Ignorant tout de la vie et des traditions,
De mon immeuble je suis descendu m’asseoir
Simplement sur un des tabourets au comptoir
Avec pour intention de pouvoir discuter.
Les regards qui sur moi furent alors posés
M’ont fait comprendre que ça n’allait pas passer.

Ont suivi les difficultés linguistiques.
Il est vrai qu’avec un accent aussi chantant
Et un débit de parole aussi important,
J’étais loin de vos habitudes acoustiques.
Si bien qu’un jour pendant un oral scolaire,
Un prof’ m’a soufflé d’arrêter de faire le con
Ou de me sanctionner pour me faire taire.
Il n’y avait pourtant aucune solution.
Mon accent fait partie de mon identité
Et mon épouse est une interprète douée.

Parmi les différences entre ces deux régions
Une des grandes surprises fut les fourgons,
Qui lorsqu’ils sont stationnés au bord des routes
Contrairement aux pratiques de ma région,
Ne sont certainement pas ceux d’agriculteurs
Mais de personnes sûrement en plein labeur.
Je l’ai appris à mes dépends un beau matin
Quand je vis cette dame en panne en chemin.
Serviable, j’ai voulu m’arrêter pour aider.
Voyant que la voiture allait à merveille,
J’ai réalisé quelque chose de peu banal :
Ici, ça ne se fait pas au bord du canal.
Je suis alors reparti sans plus de zèle.

Prenons aussi un temps pour parler du « Y »
Que vous utilisez comme bon remplaçant
Du complément d’objet direct ou indirect.
Adopté par mes filles bien évidemment,
Voici encore une de nos différences
Qui me cause chaque jour bien des souffrances.
Et ne parlons pas de vos pains au chocolat
Qui sont en vérité des chocolatines.
Mais bien entendu je ne vous en voudrai pas
De persister dans cette guerre enfantine,
Bien qu’au fond vous sachiez que nous avons raison.

Bien entendu, j’ai beau sourire et me moquer,
De tous les coins de France où j’aurais pu aller
Fargeates, Fargeats, je veux que vous le sachiez
Je suis ravi d’être dans ce village où,
Peu importe vos origines ou votre âge
En nous réservant cet accueil très chaleureux
Vous nous avez permis de nous sentir chez nous
Et ce n’est pas ici qu’une simple image…

vendredi 1 juillet 2022

Sortir du déni : histoire d’un long parcours

D’un point de vue chronologique, j’avais spontanément débuté cet article en parlant de l’année 2016. Mais pour être complet, il faut en réalité remonter à 2015, voire 2009. Je me sens vieux, d’un coup.

En 2009 donc, je fais mes premières crises de tachycardie, que l’on finit par assimiler à des crises d’angoisse. J’apprends à vivre avec et continue de faire beaucoup de sport, jusqu’en 2015 où les crises deviennent de plus en plus fortes, m’entraînant parfois jusqu’au bord du malaise. Bilan chez un cardiologue, tout est plutôt normal, et je me retrouve avec un traitement à base de bêtabloquants. Ceux-ci sont tellement efficaces que, même lors d’un effort, le cœur n’arrive plus à monter assez haut. Il est temps d’arrêter le rugby, la salle de sport, les efforts physiques à la maison, et de trouver un réglage qui va bien.

Avril 2016. J’ai 26 ans, je n’ai toujours pas repris le sport, et mon corps me signale son manque de forme. Des douleurs musculaires, des courbatures fréquentes, une contracture au mollet qui dure une semaine… Mais qui n’est pas une contracture. La fatigue m’envahit et dans la nuit du vendredi au samedi, je me réveille en sursaut, incapable de respirer. Une phlébite prise pour une contracture se complique en embolie pulmonaire. Direction les urgences et une semaine d’hospitalisation. Je n’ai jamais été aussi fatigué qu’après ça. Je mettrai plusieurs années pour relever la tête côté fatigue. Je n’ai plus d’activité physique et le moral diminue, petit à petit. Je commence à chercher de l’aide. En vain. Je change de travail, pour pire.

2017. Malgré la fatigue, mes problèmes cardiaques sont réglés et je reprends le rugby et la salle de sport en fin de saison, soit autour du mois d’avril. Quelques mois de sport et, le 8 octobre 2017, je me blesse au rugby. Une erreur de diagnostic plus tard, me voilà parti pour 3 ans et demi de blessure, deux opérations et une diminution de ma capacité physique (un handicap, quoi). Me voilà donc, à quelque chose près, à 6 ans sans sport. 6 ans sans activité physique, sans exutoire, et un moral qui baisse, qui baisse, et qui baisse encore…

Dans ces moments, on a beau admettre qu’on va mal, on a beau le savoir, il est difficile d’aller chercher de l’aide. Et s’entendre dire par le psychologue finalement vu qu’il suffit d’arrêter de se victimiser pour aller mieux, ça n’aide pas. Moi, je ne comprends pas pourquoi ça ne va pas. Un couple solide, une fille qui me comble de bonheur, je ne manque de rien, j’ai un travail, un toit, … Pourquoi je vais si mal ? Pourquoi ces idées noires ? Oui, je dois être en train de me victimiser. À moi de me remuer pour aller mieux. Ça ne fonctionne pas.

Petit à petit, la situation se dégrade. Ma seconde fille arrive, je me sens dépassé, inapte à gérer, à bien m’occuper d’elles, et cette obsession qui grandit pour les couteaux, les platanes, le vide, l’eau… Ces moments de joie en me disant que ça y est, j’ai enfin une solution pour que tout cela cesse, pour être enfin tranquille. Ma femme et mes filles sont mon dernier frein. C’est tout ce qu’il reste pour me donner encore un peu l’impression d’avoir quelque chose à faire ici.

Les idées noires sont de plus en plus envahissantes, c’est constant, sans répit. Et un jour, au détour d’une conversation, on me parle de mon TDAH. TDAH ? Qu’est-ce que c’est que ça ? Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité. Incompréhension. Non, ce n’est pas moi. Mais je suis curieux, je me renseigne. Comme toujours quand je découvre un nouveau sujet, je lis, j’écoute, des papiers scientifiques, des podcasts, des témoignages, je visionne des vidéos sur YouTube. Et c’est frappant. Je me reconnais beaucoup trop pour que ce soit le hasard… Alors j’échange avec des personnes qui souffrent de ce TDAH, ils me racontent ce qu’ils vivent ou ont pu vivre. Non, décidément ça colle beaucoup trop. Sur les conseils de la personne qui m’aura le plus aidé pour démarrer mes démarches, je contacte TDAH France, l’association, et plus particulièrement Chantal, de l’antenne locale de Saône-et-Loire.

Après un échange très constructif et instructif, Chantal parvient à me rassurer, et surtout à m’orienter vers un vrai spécialiste que je rencontrerai en novembre 2021. Nous sommes donc à plus de 5 ans d’errance. Ce sera la rencontre qui me sauvera.

Lors premier rendez-vous, il m’indique que certains troubles neurodéveloppementaux sont évidents, mais qu’il faut d’abord traiter cette dépression et mon anxiété avant que je me foute en l’air. Les mots sont posés. C’était évident mais l’entendre est brutal. Je le niais complètement. Me voilà sous traitement anti-dépresseurs et anxiolytique. Après quelques ajustements, je peux dire que cet homme m’a sauvé de quelque chose qui aurait pu dégénérer pour de bon. Je vais mieux. Je n’ai plus d’idées noires, et ces deux problèmes sont stabilisés.

Mai 2022. Je passe un bilan psychométrique qui révélera que je « souffre » de TDAH, TSA, hypersensibilité sensorielle et alexithymie. Entre autres. Je comprends mieux mes courtes nuits depuis toujours, mon besoin de toujours m’occuper les mains, de bouger, les agressions sensorielles que je subis de la part de mon environnement direct, mes difficultés à suivre un cours correctement, ce sentiment d’injustice récurrent…

Des échanges avec la psychologue qui m’a fait passer les tests ainsi qu’avec le psychiatre (les deux travaillant ensemble) ressortiront plusieurs éléments intéressants pour me comprendre, et m’adapter à ce que je suis vraiment, sans me cacher. Comme une façade qui s’effacerait un peu. Ça ne change en rien qui je suis, mais ça me permet de mieux m’adapter à certaines difficultés, et à mieux le gérer.

Aujourd’hui, après avoir dû de nouveau encaisser, j’assume cette particularité, et je pense qu’il est important d’en parler, de rendre le sujet visible, et de ne plus en faire quelque chose à cacher. C’est l’objet de ce site et de ce blog, où je parlerai principalement de sujets en lien avec le neuropsy sous mon vrai nom, comme j’en parlais dans ce billet.

Affaire à suivre…

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