Bof.
Mot-clé - La vie
samedi 2 mars 2024
Se réapprendre : les schémas
samedi 2 mars 2024. Blog
Voilà un peu plus ou un peu moins de deux ans que le diagnostic a été officiellement posé. Deux ans, c’est long, et ce n’est rien en même temps. Suffisamment pour commencer à s’écouter et se comprendre mais pas assez pour vraiment savoir s’adapter.
Deux ans de diagnostic, de thérapie et de travail au quotidien me permettent désormais de comprendre différents schémas, sans pour autant réussir à mettre des actions en face.
Voilà quelques temps que les migraines sont davantage présentes. Elles sont fortes, elles sont longues, mais elles apparaissent surtout souvent à la suite des mêmes événements. Intéressant.
La période est plutôt compliquée avec beaucoup d’interrogations et des décisions à prendre. Le moral est en baisse. Je finis les journées sur les rotules et je subis tous les stimuli sensoriels. Le moindre geste des filles peut déclencher des douleurs intenses si elles ont le malheur de m’effleurer, sans un contact franc et appuyé. C’est un premier point très difficile à gérer. Elles n’y sont pour rien si je dysfonctionne ainsi, et elles sont encore petites pour vraiment comprendre ce qu’il se passe. Et puis avouons-le, ce n’est pas chouette pour elles de voir leur papa se raidir et crier, parfois de douleur, lorsqu’elles ont le malheur de m’effleurer. Elles ne font rien de mal, et pourtant c’est d’une violence difficile à croire. Y compris pour moi.
De ces éléments découle une gestion sensorielle difficile. Je suis toujours à la limite de l’explosion. Mais je fais au mieux, même si le résultat n’est pas satisfaisant. Le quotidien de papa, le télétravail et la vie en milieu très rural font que j’ai aussi besoin de voir du monde, d’avoir une vie sociale. Mais ça rajoute une charge et une fatigue que je ne peux pas vraiment me permettre. Alors je serre les dents, je prends le meilleur de ces moments. Mais quand je rentre chez moi après avoir pris mon shoot de vie sociale, que l’animal grégaire est rassasié, que je me retrouve seul à « décharger » de ce que je viens de vivre, le corps relâche et manifeste son mécontentement.
Ainsi, un des schémas qui semble se dégager pourrait être résumé par : Sociabilisation = surcharge sensorielle = migraine. C’est très simplifié, mais l’idée est bien là.
Voilà, faire quelque chose qui devrait nous faire du bien en rajoute, et fait souffrir aussi en contrepartie. Le schéma se répète, et je le comprends désormais, mais je n’ai pas de solution satisfaisante à mette en face. Je dois réussir à définir ce que m’apportent ces interactions sociales par rapport à ce qu’elles me coûtent. Le calcul est complexe.
Deux ans, ce n’est pas assez pour aller vraiment mieux. Patience.
mercredi 20 décembre 2023
Des enfants fantastiques
mercredi 20 décembre 2023. Blog
J'ai récemment pris de l'âge.
Pour l'occasion, les enfants m'ont fait un cadeau qu'elles ont choisi elles-mêmes. C'était donc un cadeau personnalisé et choisi selon leurs goûts et leurs envies.
Mon aînée m'a donc offert une BD de Titeuf, le numéro 18. La seconde quant à elle m'a offert un lot de Stabilo NEON.
On pourrait penser que c'est étrange, peut-être. Mais c'est juste tellement elles, que ce sont en fait deux superbes cadeaux.
J'ai des enfants fantastiques.
jeudi 7 décembre 2023
Je suis un homme
jeudi 7 décembre 2023. Blog
Je pense que dans la vie de tout homme ou de toute femme, il y a un événement qui fait passer de garçon ou de fille à homme ou femme. Cet événement qui fait qu'on devient quelqu'un d'autre et que notre vie prend une autre dimension.
Pour ma part, c'était il y a six ans.
Il y a six ans jour pour jour donc, je suis devenu un homme.
D'un coup d'un seul, toutes les responsabilités, l'avenir, ses obligations, ses joies, ses peines, ses difficultés et tout ce qui va avec m'ont sauté aux yeux, et j'ai pris la plus grosse claque qu'il m'ait été donné de prendre.
Il y a six ans jour pour jour, je réalisais l'ampleur de la tâche qui m'attendait quand j'ai vu ce petit être devant moi, quand j'ai réalisé qu'il était de ma responsabilité (bien que je ne sois pas seul) de faire grandir cette petite personne qui allait un jour m'appeler papa.
Il y a six ans jour pour jour, ma première fille est née, et ma vie a changé à jamais.
vendredi 10 novembre 2023
Un peu de douceur
vendredi 10 novembre 2023. Blog
Être parent, ne nous mentons pas, n'est pas la chose la plus simple du monde.
L'éducation, l'accompagnement, le soutien, l'inquiétude, la fatigue, et j'en passe... C'est quand même un métier bien difficile !
Mais n'allez pas croire qu'il n'y a là que du mauvais. Il existe aussi de très bons moments qui ont le don d'effacer tout le reste.
Hier soir, par exemple, mon aînée a voulu un câlin pendant que je lui chantais la rituelle chanson du soir. Elle n'a ensuite pas voulu lâcher mon bras.
Sa cadette, quant à elle, m'a fait un énorme câlin et un énorme bisou, même si la soirée avait été un peu difficile.
Et pour couronner le tout, c'est la dernière qui m'a révéillé ce matin pour un biberon. Moment de partage. Puis vient le temps de la rendormir, moment câlin et tendre. J'ai posé ma main sur son visage, elle m'a attrapé le doigt de sa petite main, et s'est endormie comme ça. Et moi aussi.
C'est (entre autres) pour ces moments de douceur que, même si c'est souvent très difficile, je ne reviendrai en arrière pour rien au monde.
lundi 1 août 2022
Un fargeat du sud
lundi 1 août 2022. Blog
Chaque année, un bulletin du village est publié et laisse place à la plume de qui veut s’exprimer. Souvent, ce sont les membres des associations, le maire et quelques mêmes personnes qui l’alimentent en parlant de ce que la commune a vécu au cours de l’année. Mais le COVID a mis un frein à la vie du village, et les sujets ont été plus variés, plus libres. C’est ainsi que je me suis retrouvé à devoir composer ceci.
N’ayant pas de sujet réellement choisi
Tandis qu’à un brasseur nous faisions bel honneur,
Sébastien entre deux gorgées m’a alors dit :
« Cette fois-ci je te fais une belle fleur,
Sur une page entière je te donne la main,
Parle-nous, Benjamin, du sujet de ton choix. »
Ade, tel un poulpe aimant voir souffrir sa proie,
Me mit au défi d’écrire en alexandrins.
« Rimes continues, plates, croisées ou mêlées,
Chacun de tes vers devra faire douze pieds. »
Et si vous ne comptez pas toujours douze pieds,
Pensez à la façon dont ils sont prononcés.
Pour moi qui prononce chacune des lettres,
Dites-vous qu’un « e » a toujours raison d’être.
C’est alors que j’ai dû commencer à creuser
Pour dénicher quelque chose à vous raconter.
Pourquoi pas l’histoire d’un p’tit gars du sud-ouest
Arrivé par un bel après-midi de juin
Dans ce qui pour lui, simple jeune Lauzertin
Paraissait étranger, lointain : le grand Nord-Est.
Fraîchement arrivé en ville de Mâcon,
Ignorant tout de la vie et des traditions,
De mon immeuble je suis descendu m’asseoir
Simplement sur un des tabourets au comptoir
Avec pour intention de pouvoir discuter.
Les regards qui sur moi furent alors posés
M’ont fait comprendre que ça n’allait pas passer.
Ont suivi les difficultés linguistiques.
Il est vrai qu’avec un accent aussi chantant
Et un débit de parole aussi important,
J’étais loin de vos habitudes acoustiques.
Si bien qu’un jour pendant un oral scolaire,
Un prof’ m’a soufflé d’arrêter de faire le con
Ou de me sanctionner pour me faire taire.
Il n’y avait pourtant aucune solution.
Mon accent fait partie de mon identité
Et mon épouse est une interprète douée.
Parmi les différences entre ces deux régions
Une des grandes surprises fut les fourgons,
Qui lorsqu’ils sont stationnés au bord des routes
Contrairement aux pratiques de ma région,
Ne sont certainement pas ceux d’agriculteurs
Mais de personnes sûrement en plein labeur.
Je l’ai appris à mes dépends un beau matin
Quand je vis cette dame en panne en chemin.
Serviable, j’ai voulu m’arrêter pour aider.
Voyant que la voiture allait à merveille,
J’ai réalisé quelque chose de peu banal :
Ici, ça ne se fait pas au bord du canal.
Je suis alors reparti sans plus de zèle.
Prenons aussi un temps pour parler du « Y »
Que vous utilisez comme bon remplaçant
Du complément d’objet direct ou indirect.
Adopté par mes filles bien évidemment,
Voici encore une de nos différences
Qui me cause chaque jour bien des souffrances.
Et ne parlons pas de vos pains au chocolat
Qui sont en vérité des chocolatines.
Mais bien entendu je ne vous en voudrai pas
De persister dans cette guerre enfantine,
Bien qu’au fond vous sachiez que nous avons raison.
Bien entendu, j’ai beau sourire et me moquer,
De tous les coins de France où j’aurais pu aller
Fargeates, Fargeats, je veux que vous le sachiez
Je suis ravi d’être dans ce village où,
Peu importe vos origines ou votre âge
En nous réservant cet accueil très chaleureux
Vous nous avez permis de nous sentir chez nous
Et ce n’est pas ici qu’une simple image…
