
Je souffre d'un TDAH (Trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité), rien de neuf. Mais on a tout de même droit à un florilège de réflexions qui parfois nous font sourire, et parfois nous mettent en colère...
Comme je l'évoquais dans ce billet, nous faisons face à une rupture totale de stock pour le Concerta 54 mg. Cette forme spécifique de méthylphénidate, avec son mode d'absorption et de diffusion particulier, est celle qui me convient le mieux. Entendez par là : elle m'offre le maximum d'effets positifs avec un minimum d'effets secondaires, bien que ces derniers soient loin d'être inexistants.
Lorsqu'on parle de méthylphénidate, une idée reçue persistante est que c'est une drogue, et que le TDAH n'est qu'un prétexte pour en abuser (ou pour droguer nos enfants, selon la perspective).
Revenons sur cela. Le méthylphénidate est bel et bien classé comme une drogue, puisqu'il s'agit d'un psychostimulant. Psychostimulant... ce terme devrait déjà nous interpeller. Comment un stimulant pourrait-il calmer quelqu'un ? C'est là que réside le malentendu.
Ce qui est fascinant (non) avec le TDAH, c'est qu'un psychostimulant a l'effet inverse sur le cerveau : il le calme, au lieu de le stimuler comme chez les personnes dites "neurotypiques" ou "normales". En fait, si un psychostimulant vous apaise et ne provoque aucune addiction, c'est un signe fort de TDAH. Attention, il est important de noter qu'une personne TDAH peut avoir une réaction différente, donc cette situation confirme le diagnostic, mais d'autres réactions ne l'excluent pas.
Alors non, on ne "se drogue" pas par plaisir. Loin de là. Savez-vous ce que provoque une prise de méthylphénidate chez moi ? La plupart du temps, une montée d'angoisse dès le début de l'effet. Une boule au ventre qui me donne juste envie de me blottir dans le noir sous ma couette, en attendant que ça passe. Mais une fois cette "montée" dissipée, et que les effets se manifestent, je suis plus calme, ma concentration s'améliore considérablement. Ce n'est pas magique, c'est un facilitateur.
Mais, avec la pénurie, j'ai dû changer de forme et me voilà sous Medikinet. L'effet est différent, la montée moins douce, et surtout, mon cerveau n'y est pas habitué. Je subis une angoisse plus forte, une montée plus intense, et une fois l'effet pleinement installé, je n'ai qu'une envie : dormir. Je dois littéralement lutter pour rester éveillé et travailler, même si je me sens plus calme et posé. Mes paupières sont lourdes, et je me bats contre l'envie de m'effondrer.
Alors non, soyez-en certains, prendre ce médicament n'est absolument pas un plaisir. C'est simplement une nécessité pour fonctionner un peu mieux. Ou, pour le dire autrement, un peu plus "comme vous".